Crise politique en France. Que reproche-t-on à Hollande ? La France face à un casse-tête historique.

16 novembre 2013 par Elise Mbock

  Sommaire
  • Les Français sont-ils pour un changement de PM ?
  • UN. Rappel du Contexte.
  • Deuxième temps. Critique des sondages dirigés et de la méthode.
  • Troisième temps. Sortie de Malek Boutik
  • Quatrième temps. Le sondage yougov.
  • Cinquième moment. Contre attaque tous azimuts des sondagiers.
  • Nos sondages empiriques.
  • La mode est aux sondages dirigistes et suggestifs.
  • L‘ESPRIT DES INSTITUTIONS ET DU QUINQUENNAT

 « Les Français pour un changement de Premier ministre, selon BVA ». Sondage faussement interprété et contradictoire.

Bon, les sondages BVA se distinguent continuellement – et ceci depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir – par des approximations ou, plus exactement par l’autoréalisation, à l’nstar de la dernière livraison qui klaxonne que :

Les Français pour un changement de Premier ministre, selon BVA

A quoi reconnaît-on un faux sondage ?

 Un. Rappel du contexte.

Premier sondage du JDD, il y a deux semaines environ sommant les sondés de choisir entre des choix préétablis ailleurs, par les sondés eux-mêmes et les opposants à Ayrault ; les mêmes anciens faiseurs de rois couleur de béton du pays France.

 Deux. Critique de ces sondages dirigés et de la méthode.

« Chez les sympathisants PS, une majorité place Martine Aubry en tête (65%), devant Bertrand Delanoë (55%), Ségolène Royal (52%), Claude Bartolone (30%) et Gérard Colomb (16% ». (Nouvel Observateur)).

A votre avis, cela annonce-t-il un quelconque changement ? Gérard Collomb – à l’égard duquel je n’ai aucune aversion – va-t-il renoncer à la Mairie de Lyon et au Poste de Sénateur ?

Quant aux sondages, ce type de propositions n’aide pas la réforme et le changement. Proposer un choix, en fait un non choix entre les personnalités – toujours les mêmes – n’est pas pertinent. Puisque les sondages ne peuvent agir qu’avec l’existant médiatique, ils sont eux-mêmes causes des freins à la croissance et à l’élargissement du personnel politique. Probablement à leur insu, étant eux-aussi coincés par leur incapacité à se réinventer et à renouveler leur méthodologie.

Au demeurant, la maîtrise du fonctionnement Etatique n’est pas une exclusivité éducative, type Enarchie, ni professionnelle du style appartenance à un parti politique.

Il faut qu’ils intègrent cela et évitent des questions-sottes du genre, « qui voulez-vous voir entrer au gouvernement ? ». Le système étant un serpent qui se mord la queue, les médias peuvent faire la promotion de n’importe quelle con(ne), après la promotion amicale au sein des partis – ce qui leur fait une excuse supplémentaire pour leur insuffisance analytique – l’imposer dans le calendrier et sur les antennes. Au final, il y aura de fortes chances que cette personnalité apparaisse dans le QCM (Questions à Choix Multiples) parmi les choix possibles. Et le tour de magie est joué…. jusqu’à la panne et au naufrage politique.

Extrait article du 3 Novembre : Le changement est incompatible avec le rappel des vieilles lunes.

 Troisième temps. Sortie téléguidée de Malek Boutik, en service recommandé par les faiseurs de rois couleurs de béton.

Tant que c’est l’Opposition qui demandait une dissolution ou un remaniement, style gouvernement d’unité nationale (Bayrou) ou Ouverture à la Sarkozy, laquelle Ouverture ne lui a pas porté chance, car tournant toujours autour des mêmes politicards, carriéristes invétérés – quoi qu’il arrive y compris pour retourner sa veste à la fin du mandat : la preuve tous les ministres de l’ouverture et de la diversité ont déserté le camp Sarkozy en 2012 après leur maroquin -.

Tant que c’était l’Opposition qui réclamait ces choses-là, les sondeurs et les médias étaient tièdes. Il a fallu trouver qui dans la Majorité allait ouvrir une brèche permettant aux médias de s’y engouffrer et d’y construire des ficelles énormes pour grossir le trait. C’est vrai que la sortie de Boutik, qui n’était pas forcément nécessaire a bien servi la cause des commanditaires et – disons le franchement – a permis de délier les langues encore plus et d’installer le fait dans l’actualité des médias. En Une svp.

Depuis, les sondages disent que.

 Quatrième temps. Les sondages Yougov

Entretemps, il y a ce sondage Yougov qui adopte une méthode différente relatée par les Echos.

« Le chef de l’Etat subit une baisse de popularité de 6 points dans un sondage Yougov pour le Huffington Post et i-Télé publié ce jeudi. Un record pour ce baromètre créé il y a un an, ce qui le réduit à seulement 15% d’opinions favorables.

Ce taux extrêmement bas s’explique cependant, selon l’institut Yougov interrogé par l’AFP, par la méthode employée : le choix de ne pas se prononcer est proposé aux personnes interrogées, contrairement à ce que font d’autres instituts, ce qui aurait tendance à abonder la rubrique des plutôt favorables ».

La persuasion clandestine (Livre de J.N. Kapferer)

Donc, en laissant le choix aux personnes interrogées, sans les téléguider par le biais de la persuasion clandestine des choix suggestifs, on obtient quelque chose de plus crédible et surtout des résultats différents de nos sondeurs à la française.

Pire, avec un différentiel de 6 pts plus la marge d’erreur habituelle de 2-3 pts, les sondages à la française, ont 10 pts de marge d’erreur, dans l’excès (en moins ou en plus).

 Cinquième moment. Contre attaque tous azimuts des sondagiers.

Les Français disent que. Reuters m’excusera de reproduire presque la totalité de leur brief, mais la séquence est emblématique de la contradiction au choix avec la persuasion clandestine.

PARIS (Reuters) – Près de deux Français sur trois sont favorables à un changement de Premier ministre et un Français sur deux est partisan d’une dissolution de l’Assemblée nationale, montre samedi un sondage BVA pour i>TELE et Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Une majorité de personnes interrogées pense pourtant qu’aucune de ces initiatives n’améliorerait la situation en France, marquée par de fortes tensions sociales.

D’après ce sondage, 63% des Français sont favorables à ce que le président François Hollande remplace Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre. Un changement de chef de gouvernement est souhaité y compris parmi les sympathisants du Parti socialiste, à 53% contre 41%.

De même, 52% des personnes interrogées sont pour une dissolution de l’Assemblée nationale et des élections législatives anticipées, contre 42%. Cette hypothèse est en revanche rejetée par les sympathisants socialistes (8% y sont favorables) en raison de la forte probabilité de défaite de la gauche en cas de scrutin anticipé.

Pourtant, 64% des Français pensent qu’un changement de Premier ministre n’améliorerait en rien la situation et 52% pensent la même chose d’une dissolution de l’Assemblée nationale.

Tout ce qui est rapporté ici a une vertu cardinale : la contradiction totale. En gros, si on suit ce sondage, on dira d’abord que les Français ne savent pas ce qu’ils veulent.

Première contradiction avec un sondage antérieur :

« Près de deux Français sur trois sont favorables à un changement de Premier ministre et un Français sur deux est partisan d’une dissolution de l’Assemblée nationale ». Du coup on titre que « 63% des Français sont favorables à ce que le président François Hollande remplace Jean-Marc Ayrault ».

Hier, un sondage titrait que les Français étaient majoritairement pour la dissolution.

Que faut-il comprendre ? Que les Français seraient pour la dissolution et pour le changement de PM en même temps ou au choix ? Dans le second cas, quel est le premier choix ? considérant que d’un jour sur l’autre, on est passé du choix de la dissolution à celui du changement de PM.

C’est qu’une dissolution éventuelle de l’assemblée actuelle entraînera automatiquement un changement de PM. Donc, dire que les Français sont pour la dissolution le jour d’avant pour ajouter qu’ils sont pour un changement de PM dans la foulée, le jour d’après, c’est dire une seule et même chose.

On fait donc passer comme info quelque chose qui ne l’est déjà plus ou qui ne l’a jamais été. La preuve, cette deuxième info contradictoire.

Deuxième contradiction.

“D’après ce sondage, 63% des Français sont favorables à ce que le président François Hollande remplace Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre. Un changement de chef de gouvernement est souhaité y compris parmi les sympathisants du Parti socialiste, à 53% contre 41%”.

Plus loin.

« Pourtant, 64% des Français pensent qu’un changement de Premier ministre n’améliorerait en rien la situation. »

Et s’ils le pensent, c’est parce qu’ils pensent la même chose de la dissolution, car les deux choses sont liées. D’où la suite.

Troisième contradiction.

« 52% des personnes interrogées sont pour une dissolution de l’Assemblée nationale et des élections législatives anticipées, contre 42%. »

« Pourtant, 64% des Français pensent qu’un changement de Premier ministre n’améliorerait en rien la situation et 52% pensent la même chose d’une dissolution de l’Assemblée nationale. »

Pourtant, on peut changer de PM sans dissoudre l’AN. Mais ce choix n’apparaît pas nettement dans les réponses. Il aurait fallu pour cela qu’il y ait plus de personnes qui pensent qu’un changement de PM améliorerait la situation que celles qui se déclarent favorables à un changement de PM.

Les données s’annulant toutes, la seule information qu’apporte ce sondage s’il est avéré est que « 64% des Français pensent qu’un changement de Premier ministre n’améliorerait en rien la situation ».

Mais cette information est détournée et rendue à l’envers : « 63% des Français sont favorables à ce que le président François Hollande remplace Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre ».

Ce sondage a été réalisé les 14 et 15 novembre auprès d’un échantillon représentatif de 1.075 personnes d’au moins 18 ans, recrutées par téléphone et interrogées par internet.

Interrogées par Internet, entre deux cafés, une émission télé, les couches de bébé qu’on change, un baiser qui vous passionne et fait bouillir la cervelle, brume dans les yeux garantie… peut être encore une colère rentrée, suite à une prise de bec en famille, etc…

 Nos sondages empiriques disent ceci :

Hollande a deçu tout le monde, y compris ceux qui ont voté pour lui.

Hollande est seul et unique responsable de ce qui arrive. Exemple, au moment de la transparence du patrimoine des élus, J.M. Ayrault voulait aller plus loin et c’est le président Hollande qui a fait marche arrière.

Malgré tout, les souteneurs des décisions faciles, style recherchons les lampistes … – Ayrault est le choix du moment – veulent lui faire porter le chapeau. Au nom de quoi ? D’une tradition désuète : on reproche à Hollande d’être le président des choix faciles et on lui conseille justement un choix facile – sacrifier un fusible – mais médiatiquement porteur. Ce sont là des choix de courte portée qui ne font que reporter le problème à plus tard, car n’ayant rien résolu.

Avec le mariage Gay, la Majorité en place a joué à courir et à agir vite, court-circuitant le temps du débat. Ils ont gagné une bataille mais, pas le combat, car la chose a du mal à passer.

Certes, le mariage gay aligne les supporters à Taubira, en cascades. En provenance de qui vous savez, suivez mon regard. Les mêmes qui soutiennent Taubira pour le mariage gay et s’engagent dans toutes les diversions pour faire passer cette abomination civilisationnelle, veulent la peau de Ayrault.

En France, toujours se méfier de celui que l’on déteste. En général c’est le bon.

 La mode est aux sondages dirigistes et suggestifs.

Pas plus tard que mercredi, je discutais quelque part en France avec un français pur teint, pur jus, qui trompe sa femme d’origine africaine qui vient de le découvrir, avec laquelle il est marié depuis des lustres, en seconde noces, après que chacun d’eux ait eu des enfants d’un premier mariage. Bref, vive les familles recomposées quoi, la mode entrain de passer.

Il m’a dit deux choses qui confirmaient ce que je pense depuis longtemps, mais j’attendais qu’un français de souche me le confirme de vive voix, car je l’ai poussé à bout en lui répétant que la France était un pays de merde, qui pousse le discours élogieux et allégorique à propos des valeurs de la République trop loin en comparaison de ce qu’il peut, veut et a à offrir, étant rabrougrie et recroquevillée sur la défense de ses acquis et acquêts et vouant une passion et un culte à la chasse aux assistés, en guise de politique du Néant.

Il m’a dit :

1. En France, ce qui est caractérisé de mal est en fait le bon et vice versa. Il faut lire entre les lignes et les mots.

2. Pour réussir, il faut être vêtu des bons habits. C’est quoi les bons habits ? Un, les habits de naissance. Déjà, ici, on a la confirmation de la théorie chère à Bourdieu de la Reproduction et j’allais dire de la Race. Deux, être du côté de tout ce que soutient la génération soixante-huitarde et sa descendance bâtarde voire abâtardie. Et la chose n’est pas prête de s’arrêter, lorsqu’on entend les défenseurs des clients des prostituées. Au fait, sait-on ce que deviennent celles qui sont enceintées, tuées, disparaissent ? Comment vieillissent-elles ? Quelles violences subies ? Quelle espérance de vie ? Quelles maladies ? Non, on ne voit que la libido et des parties de sauteries artistiques. Vous m’en direz tant. Là également, le débat risque d’être court circuité, car pris en charge par les « célébrités » françaises et franchouillardes, adeptes du french cancan dénaturé et clientélisé dans la vase.

Ne pas oublier que ce sont ces  mêmes « célébrités » qui ont voté Hollande. On peut donc se fier à leur jugeotte sans trembler. N’est-ce pas ?

Les bons habits c’est la Reproduction, c’est l’abâtardissement, c’est la prostitution, c’est enfin ceux d’Arsène Lupin. Ici, l’imagination peut aller très loin. Je vous laisse à cette rêverie.

Etant lui-même de la famille des Arsène Lupins, il m’a dit qu’« on était bien en France et qu’il était fier de payer les impôts ». Normal, Monsieur vit dans une zone résidentielle, maison à la française à plusieurs niveaux, travail ultra bien payé because fonctionnaire, bouffe, voyages, confort professionnel garantis à vie et maîtresses. – Je n’ai rien contre l’argent mérité – Comment ne pas payer les impôts pour faire vivre l’Etat au sommet qui lui permet de vivre ainsi et les assistés en bas, l’autre volet qui se professionnalise dans la rapine, l’exemple venant d’en Haut et soutenu par le Milieu ? Tout va très bien Mme La Marquise. Tout va très bien.

A grands renforts, les sondages disent que…

Si on avait écouté les sondages, Léonarda serait chez elle. Et la France aurait remporté un point de croissance ?

Mon oeil.

Si j’avais un conseil à donner à l’Exécutif, je lui dirais de lire les Forums des articles et ce qui se dit dans les réseaux sociaux et de mettre cela en balance avec les choix qu’il croit Justes et Efficaces, s’il en a : il n’y a pas meilleur sondage. Grandeur Nature svp.

Exemple. Forum du Parisien, sur le même sujet.

Exemple encore. Extrait du Forum de l’article cité en ouverture.

Mille Sabords •

Savez-vous qu’en Allemagne les élus, comme Angela Merkel, paient leurs loyers et charges ? Cela vous semble normal que ces gens, en France, se chauffent, s’éclairent, mangent, boivent à nos frais ? Savez-vous qu’il y a plus de fonctionnaires de catégorie A (plus 5000 euros par mois en moyenne. Certains, sans « mission » restent à domicile) que de besoin alors que l’on manque cruellement d’agents de catégorie C (1200 euros en moyenne). Vous rappelez-vous que Jospin a reçu un salaire d’ambassadeur pendant ces années d’opposition politiques au prétexte qu’il n’a pas de fortune personnelle ! Savez-vous que Taubira est la femme française qui a encaissé les plus gros revenus en 2012 (plus de 52 millions d’euros). Savez-vous que dans les administrations il n’y a aucun contrôle des consommations téléphoniques (des millions d’euros)…

Justice et Efficacité, voici les mots-clés. Le gouvernement ne va pas attendre les sondages pour justifier ses politiques et prendre des décisions dans ce sens.

Quand même…

Tout ceci n’est pas (que) de la communication politique, c’est le Gouverner ensemble ; c’est la nouvelle gouvernance qui oblige les dirigeants à tenir le peuple au courant du pilotage, afin de les mettre en confiance. Il faut toujours répéter où on va, comment on compte y aller, et générer autour de tout ceci une participation citoyenne qui participe du sentiment de cohésion sociale et de l’appartenance à une société.

Ce n’est pas du temps perdu à se parler, à condition d’éviter la palabre africaine interminable ; au contraire, c’est du temps gagné. A condition d’être sincère et, encore une fois, de fixer et de trouver le bon Cap qui reste celui de la Réforme. C’est l’unique voie qui ne soit pas sans issue. Et, s’il le faut, Hollande doit mourir à lui-même pour y arriver.

Ceci étant, un remaniement gouvernemental ne serait pas pour me déplaire. Un changement d’hommes et de femmes est un signal de changement d’horizon.

Cela n’implique pas nécessairement de changement de PM.

En fait, si 64% des Français pensent qu’un changement de Premier ministre n’améliorerait en rien la situation et 52% pensent la même chose d’une dissolution de l’Assemblée nationale, que veulent les Français exactement ?

C’est la question qui ne leur a pas été posée. Et pourquoi cela ? Cette question est soit impossible soit redondante, car on connaît déjà la réponse.

En fait les Français veulent une chose : un changement de présidence de Moi Président.

S’ils veulent un changement de président, alors, il faut aller voir du côté de l’esprit des Lois.

 L’ESPRIT DES INSTITUTIONS ET DU QUINQUENNAT

Si le quinquennat a changé les choses, c’est précisément que le président ne prenne plus le PM pour cible privilégiée, alors qu’il est lui-même en cause. Désormais, le Président est en première ligne. Il doit assumer.

Dans l’esprit de la Constitution, le quinquennat adopté par une révision constitutionnelle a mis fin à la dissolution pendant le mandat. La dissolution appartient au passé, au temps du septennat. Au sein d’un quinquennat, la dissolution est un coup d’Etat, ni plus, ni moins. C’est en cela qu’il me gêne aux entournures. L’esprit des Lois doit être privilégié, suivant le Baron de Montesquieu, l’un de nos Aiguillons.

Mais, ce n’est pas moi qui décide. Même si, au fond de moi, je suis certaine de ne pas me tromper de jugement.

Ceci étant dit, je sais aussi que la Politique est Ingrate et Cruelle.

Maintenant, il y a un véritable problème. C’est le problème Hollande. Que lui reproche-t-on ? Qu’advient-il d’un président, ayant été élu pour 5 ans, qui, à peine élu, trahi ce pourquoi il a été élu ? Bafoue le socle des valeurs et des promesses qui l’ont porté au pouvoir ? Ceci dès la composition du gouvernement que presque tout le monde a récusé ?

Que faut-il faire lorsqu’un président se fout ainsi de la gueule du peuple, en reniant toutes ses promesses électorales dont le slogan mensonger a fonctionné comme un parfait appât hameçonnant tous les gogos en mal de changement : « le changement c’est maintenant » ?

A lui tout seul, se slogan était un programme réformateur en puissance. Presque Révolutionnaire.

J.M. Ayrault, c’est vrai paraissait, comme Raffarin en son temps, un homme plutôt moins usé, dans le microcosme politique. Où est passée la promesse réformatrice ? Que faire d’un président qui a ainsi trahi le contrat électoral scellé en mai 2012 ? C’est une vraie question que l’Egypte a résolue à sa manière : face au refus de démissionner de Morsi, élu dans des conditions troubles d’une promesse de changement et à la rue qui grondait, l’armée a dû reprendre le pouvoir par la force.

Que peut-on faire en France ? Quelle solution pour obliger un président à respecter le contrat électoral ? Les institutions ne prévoient pas ce cas d’espèce et sont mises à mal.

De l’autre côté, est-il raisonnable de penser qu’Hollande est insensible à l’Etat de dégradation continue de la France ? Oui et Non.

Oui, il fait partie de la génération politique en train de passer de mode, qui a une culture de l’irresponsabilité et de l’impunité en politique, sûre du fait des Princes et des Maîtresses Officielles inscrit dans les tables de la loi Française et qui ennoblit une bonne fois pour toutes tous les Représentants de la loi et de l’Etat : en gros tous les élus, lesquels élus proviennent majoritairement des grandes écoles et du fonctionnariat et finissent dans les partis politiques. Ils sont la loi ; ils tiennent la loi mais ne sont pas tenus par elle. Ils font la loi et s’en exonèrent.

Non, on peut penser que tout un chacun a une conscience du Bien et une Morale du Bon et du Collectif.

La France est face à un casse-tête. Ayrault nous dit attendez, vous allez voir ce que vous allez voir. Michel Sapin nous dit, il y aura du boulot. Moscovici répond en choeur, la croissance sera bientôt de retour. Pour l’instant, on n’a que des paroles et encore des promesses. Au bout de 18 mois, ça commence à être court. Très court et très insuffisant.

Un remaniement serait le bienvenue. Dans tous les cas, il faut faire quelque chose.

Rappel. Nicolas Sarkozy a connu les mêmes combats intérieurs et il a remanié petit bras – en clair, sans remanier laissant la situation pourrir et son capital confiance filer. Il n’a jamais pu le récupérer ce capital. Le gros dos et le pourrissement sont les pires solutions que le pouvoir puisse envisager. Entendre Désir dire que la Majorité doit tenir bon, est totalement surréaliste. Cela ne fera qu’aggraver la désaffection et la colère.

Je le crains fortement.

Ceci étant, rien, strictement rien n’empêche le Président de dissoudre ou d’aller au référendum pour reconfirmer sa légitimité.