Ebola : la danse macabre.

Image. NHS.uk

La tenue de la CAN est chancelante, car le Maroc est soucieux d’appliquer le principe de précaution et de prévention de l’Ebola. El Watan fait le tour sur la fièvre contagieuse Ebola. « Guinée-Ghana aura lieu à Casablanca (Maroc) et Sierra Leone-Cameroun » se jouera à Yaoundé. On se partage les risques, dira-t-on.  Apparemment ou pour faire style, après que le Cameroun se soit montré d’une sévérité inouïe contre le business de la commercialisation de la viande de brousse qui a laissé plusieurs vendeuses, chefs de famille sur le carreau, au nom d’un principe de précaution qui prend des allures d’alibi, car cela empêche de faire une véritable recherche scientifique : une chose au-dessus de la force physique et intellectuelle africaine qui attend tout de l’Ouest. Pitoyable.

S’agissant des origines de l’Ebola, on patauge encore entre le déterminisme afro et la fatalité Négro. Même que la science y perd son latin. Un temps, on a pensé le sérum Américain efficace et voilà, il n’a pas pu sauver le Noir Américain originaire du Libéria, Duncan, mort récemment, de retour d’une visite familiale au pays. Il est rentré « normalement » aux Etats-Unis à moins que les services de contrôle aient failli, par un contrôle bâclé, basé sur la confiance en leur compatriote qui ne pouvait pas avoir contacté la maladie. C’était un Américain et, d’après la science négrière, cette maladie génétiquement programmée pour les Noirs ne pouvait que frapper les hommes, femmes et enfants de leur race. Au même moment, la présidente du Libéria, Sirleaf criait au scandale de ce retour qui n’aurait pas dû avoir lieu : l’intéressé aurait dû être placé en quarantaine au Libéria et être interdit de voyager. On attend la lumière sur cette affaire louche, si jamais celle-ci aura lieu.

Pour que l’homme meurt ainsi, c’est qu’il a caché des choses y compris retardé sa présentation aux services médicaux en Amérique à moins que ceux-ci aient aussi failli à leur mission, le renvoyant à la maison, en se disant, « c’est un américain, il ne peut pas.. etc ».

Un autre temps, la France et l’Espagne on guéri deux cas mais on ne comprend pas pourquoi l’Espagne ne le peut plus et pourquoi la France ne donne pas son sérum magique pour sauver des vies en Afrique.

Pendant ce temps-là, Borloo est devenu plus Africain que les Africains et navigue entre les deux rives toutes les semaines pour un nouvel affairisme revisité à la sauce de l’actualité : l’énergie en Afrique, que nous avons défendue avec les dents ici et qui, vraisemblablement se fait en douce au Mali. C’est le nouveau filon pour avocat affairiste passé en politique, un temps, après avoir fait et conseillé Tapie, l’expert affairiste façon pilleur et délit d’initiés et compagnies. Lu sur Yahoo, « la nouvelle vie de Borloo ». On le croyait affaibli par la mort et bien non, il est bien vivant, en tous les cas ressuscité et voilà, que fait-il ? Non il ne revient pas en politique, il fait du business. Et vous croyez encore aux politiques pareils ? Au Royaume-Uni, on parle de désenchantement, de désillusion – voire des illusions perdues, de colère et de désespoir suscités par les politiques. Alors le peuple a voté son premier Député UKIP (l’équivalent du FN France) hier.

Six mois après son retrait de la politique, la nouvelle vie de Jean-Louis Borloo (AFP)

Le cas J.L. Borloo est malheureusement un confirmateur de ce qu’est devenue la politique et les hommes qui la font. La Chiraquie, y compris Fillon ont ouvert le chemin avec la Françafrique. Pour la vertu et la grande morale du « nous on est meilleurs que l’autre » ; « on n’est pas pareil », les faits parlent d’eux-mêmes. Les sondages mensongers qui intoxiquent l’espace ces derniers temps ne sont qu’un leurre. Un sondage est dit mensonger lorsqu’il corrompt les chiffres et les questions pour régler des comptes personnels ou manipuler le jeu électoral. Exemple : quel est l’intérêt de sonder qui sera président en 2017 aujourd’hui, alors même que les choses peuvent s’accélérer à tout moment, dans un sens inattendu ?

Quel est l’intérêt de mesurer la différentiel entre Juppé et Sarkozy, alors même que l’un était présent tout le long et l’autre absent sur deux ans et demi ? On compare des choses non comparables et on fait dire aux chiffres n’importe quoi.

Quel est l’intérêt de faire croire que le mieux placé est d’emblée celui qui fera l’impasse sur sa base électorale. Jospin a écouté cela et a fait une campagne de second tour. Jimmy Carter, pour sa réélection, avait de bons sondages – soi-disant – et on lui a conseillé de  ne pas se précipiter dans la campagne, un peu sur le modèle Nicolas Sarkozy. Mais revenons à l’UDI.

Jean-Louis Borloo exprime sa fierté que les « chefs d’africains lui ont tous ouvert leurs bras » ensanglantés – à force de danser avec les loups – et corrompus certainement par l’oseille facile, tombé comme la manne du ciel, après le sommet Américain sur le Développement en Afrique qui consacrait l’énergie et la santé publique ? Et puis, non, Borloo est déjà avancé dans son projet, quand a-t-il commencé ? Lorsqu’il était Super ministre de l’Environnement Sakorzyste ? Ministère transformé en poule aux œufs d’or ? Au fait, se voient-ils fréquemment avec Hollande et ses envoyés là-bas ?

Bon, si c’est pour rendre un service à l’Afrique, la méthode se discute. Affaire à suivre.

L’Ebola est une maladie, mais elle représente l’état du pourrissement et de délabrement de l’Afrique et de ses dirigeants pourris et indignes de représenter l’Afrique. Au même moment la Bolivie de Morales fête le succès de ses nationalisations qui ont coupé l’herbe sous le pied de tous ces affairistes venus de partout, au nom d’une philanthropie vicieuse et viciée. 

La nationalisation et la coopération ne sont pas contradictoires. Mais les équilibres changent et ça change tout.

J’ai prévu de parler de l’Ebola en long et en large et en travers (voir couverture annoncée ci-dessus qui implique « la « rénovation urbaine »), mais le nombre des malades retient la plume ou le clavier, c’est pareil. Tirer sur une ambulance, est un problème. Pourtant, il faudra bien s’y coller. A un moment ou à un autre. Si on traite l’Ebola maladie sans traiter l’autre Ebola pilleuse, alors, on aura peut-être sauvé des vies et paré au plus urgent, mais le fond du mal-être et du mal(aise) sera toujours là et ça les scientifiques adeptes du primitivisme et de la sauvagerie – façon la maladie viendrait des animaux un point c’est tout – ne peuvent pas le comprendre.

Avant de contaminer les hommes, en suivant cette thèse de la contamination de l’animal à l’homme – avant cette contamination, comment les animaux ont-ils été contaminés en amont ? Là, il n’y a plus de scientifiques qui y répondent. C’est comme le téléphone de Gaston qui sonne et il n’y a personne qui y répond.

Pour l’heure voici le point sur la Maladie, Ebola. La danse de la mort.

 Ebola : Le bilan s’alourdit 

Pas moins de 3400 personnes décédées dans la pire épidémie de l’histoire. Le virus Ebola sévit actuellement surtout en Afrique de l’Ouest. Sa progression dangereuse menace désormais l’Europe et les Etats-Unis.

Les élections sénatoriales prévues le 14 octobre au Liberia, pays le plus touché par le virus Ebola, ont été reportées en raison de l’épidémie. «Les mesures prises par le gouvernement en vertu de l’état d’urgence pour endiguer la propagation et éradiquer le virus, la persistance de l’épidémie et de mesures de survie adoptées par la population qui réduit ses déplacements et ses contacts, nécessaires à une atmosphère libre, ouverte et transparente», a souligné la présidente Ellen Johnson Sirleaf. Par ailleurs, suite à l’inquiétude grandissante face aux risques de propagation d’Ebola, les Européens vont discuter, le 17 octobre, d’un éventuel renforcement du contrôle  des voyageurs en provenance des pays africains touchés par l’épidémie. Cette mesure a été prise dans le sillage de l’inquiétude provoquée en Europe par la première contamination par Ebola enregistrée sur le continent.

En effet, en Espagne, une aide-soignante ayant pris en charge des missionnaires malades rapatriés à Madrid vient d’être diagnostiquée positive au virus. «Sa situation clinique s’est dégradée, mais je ne peux pas livrer davantage d’informations. La patiente ne souhaite pas que l’on communique sur ce sujet», a annoncé à la presse une responsable de l’hôpital au sujet de Teresa Romero, première personne infectée hors d’Afrique. Selon un nouveau bilan de l’hôpital Carlos III de Madrid, six personnes ont été hospitalisées dans le service traitant les malades atteints d’Ebola. Il s’agit de deux médecins et un infirmier admis mercredi soir, selon un communiqué de l’hôpital. Parmi eux figurent le médecin urgentiste Juan Manuel Parra (qui a soigné Teresa Romero lundi à l’hôpital d’Alcorcon, près de Madrid)et une femme qu’il a auscultée le 29 septembre dans un centre de santé près de chez elle.

Une cinquantaine de personnes qui ont pu être en contact avec la malade et les religieux, issues notamment du milieu hospitalier, sont déjà surveillées. Une enquête est en cours afin d’identifier tous les habitants de la région qui auraient pu être exposés, d’autant que l’aide-soignante a présenté des symptômes dès le 29 septembre mais n’a été hospitalisée que le 6 octobre. Ce cas a suscité une vive polémique en Espagne sur les failles de la prise en charge du virus. Des failles que l’urgentiste Juan Manuel Parra fait ressortir dans un rapport dénonçant les conditions de sa prise en charge : «Les manches étaient trop courtes pour moi tout le temps et une partie des poignets est restée à découvert»

Un autre sida

Alors que l’OMS ne recommandait pas de contrôle à l’arrivée mais prescrivait une prise de température des voyageurs au départ des pays touchés, les Etats-Unis vont renforcer le contrôle des voyageurs en provenance d’Afrique de l’Ouest dans cinq grands aéroports du pays, suite au décès d’un patient atteint d’Ebola dans un hôpital de Dallas (Texas). «Cela va être un long combat (…). Depuis trente ans que je travaille dans la santé publique, la seule chose comparable a été le sida», a déclaré le docteur Tom Frieden, directeur des centres américains de contrôle et de prévention des maladies, lors d’une table ronde à Washington. «Nous devons travailler pour que cette maladie ne soit pas un autre sida», a insisté M. Frieden, estimant que «la vitesse est le levier le plus important» pour lutter.

En effet, «la grande majorité des personnes venant des trois pays les plus touchés par Ebola (Liberia, Sierra Leone, Guinée, ndlr) seront concernées par ces contrôles complémentaires», a précisé Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche. Rona Ambrose, la ministre canadienne de la Santé, a également annoncé que ces passagers allaient faire l’objet de contrôles renforcés. Pour la Sierra Leone, «la réponse internationale a été, pour le moment, plus lente que le rythme de transmission de la maladie», a déclaré, en audioconférence depuis Freetown, M. Koroma, lors d’une réunion sur Ebola organisée à Washington par la Banque mondiale. Cela «doit changer», a-t-il ajouté.

Alpha Condé, le président de Guinée, a également appelé à une aide internationale plus importante : «Les efforts doivent être amplifiés, rapides et coordonnés.» Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a estimé qu’il fallait «multiplier par 20» l’aide actuelle pour espérer enrayer la maladie. De son côté, la directrice du FMI, Christine Lagarde, a admis qu’il faut «augmenter les déficits pour soigner les gens», soulignant le lourd impact économique de la maladie sur les trois pays les plus touchés (Liberia, Guinée, Sierra Leone) qui étaient jusqu’ici sur de bons rails. Ebola prend aussi le dessus sur le ballon rond.

En effet, en Espagne, des craintes au sein du Rayo Vallecano ont poussé Lass Bangoura, attaquant guinéen de ce club de Liga, à abandonner sa sélection pour regagner Madrid en catastrophe. Et pas que ! Ebola sème aussi la terreur au sein des éliminatoires de la CAN-2015 dont deux matchs  ont été délocalisés à cause des craintes liées au virus : Guinée-Ghana aura lieu à Casablanca (Maroc) et Sierra Leone-Cameroun se jouera à Yaoundé.

Sofia Ouahib et Ryma Maria Benyakoub

Source. El Watan. 

Le plus :  les brèves du Moyen-Orient.

PS. Londres impose des contrôles à tous ses aéroports et dans les terminaux de l’Eurostar.