Emploi et re-candidature : le pari de Hollande et l’obligation des résultats.

A mi-mandat, le président Hollande fait son bilan de mi-parcours et constate l’évidence : le compte n’est pas bon pour le chômage. Ce qui en soi n’est donc pas une découverte. L’habilité consiste à lier la situation de l’emploi à son éventuelle candidature et surtout à  préparer les Français à sa sortie. Le problème c’est que plusieurs hommes politiques nous ont déjà fait le coup du si j’échoue, je m’en vais ou j’arrête la politique qu’on n’y croit qu’à moitié.

Jospin, Sarkozy, Balladur, tous ont promis de s’arrêter et puis voilà, ils sont tous revenus par la fenêtre : Jospin en tant que conseiller de l’ombre et parrain de l’élection de Hollande. Sarko, en embuscade pour 2017. Balladur, conseiller de l’ombre de Sarko. Conclusion : en 2016, à 4 mois de l’élection présidentielle de 2017, Hollande n’aura pas réussi à inverser la courbe du chômage sans recourir à un tripatouillage des chiffres, comme d’autres avant lui l’ont fait.

Ouvrons une parenthèse. Y aura-t-il des primaires, dès mi 2016, chez les socialistes, si les choses restaient en l’état. Le calendrier électoral au PS ne va pas être une partie de plaisir, comme ils les aiment. Cambadélis, nommé comme un fonctionnaire, sera-t-il toujours le porte parole du PS et le porte parole adjoint du gouvernement Hollande ? Refermons la parenthèse.

Une fois que le tour de magie sera effectué à propos de la présentation des chiffres du chômage et, quand bien même les chiffres seraient mauvais, Hollande rempilera : il lui suffira de trouver un bon discoureur et le tour sera (re)joué. On aurait préféré entendre autre chose du Président aujourd’hui où les Français n’ont pas le moral que des nouvelles qui ouvrent grand un boulevard d’incertitudes voire de perspectives négatives, comme disent les agences de notation. 

L’heure ne devrait pas être accordée au pessimiste voire à l’entretien du pessimisme ambiant. De l’autre côté, on a largement passé le temps des promesses et des lendemains qui chantent, comme par enchantement. Entre les deux, il y a ce qui fait cruellement défaut et qui est probablement cause de la défection des Verts dans un gouvernement Hollande deuxième : les moyens de la politique affichée sans lesquels, il est difficile de prévoir des résultats.

A l’actif de Hollande, l’effleurement de l‘obligation des résultats pour re-candidater. Mais que vaut celle-ci sans l’autre obligation : celle des moyens auxquels* on vient de faire allusion ?

S’agissant de l’obligation des moyens, j’ai une ou deux suggestions pour le président Hollande. Elles sont directement liées à l’Afrique et aux Coopérations. On en parlera prochainement dans un billet intitulé : « Retour d’Afrique ». Que du croustillant et du croquant au menu.

*Vous avez corrigé en lisant (auxquels on vient de faire allusion) à la place de (dont on vient de faire allusion). Problème de fatigue et de correction trop rapide. C’est que le Cameroun et Brussels Airlines m’ont « tuer » (Attention tuer comme « Omar m’a tuer) – pour la traduction « tuée »est l’orthographe exacte.