« La plus grande misère c’est le chômage de masse » : Hervé Morin.

Ca y est le débat est lancé sur les moyens de la politique affichée pour la seconde étape du quinquennat. La preuve par A plus B que le discours de politique générale du nouveau locataire de Matignon était seulement le début d’un processus qui s’annonce heurté, pour ne pas dire chaotique. Au sortir de l’entretien des députés socialistes avec le PM, Bruno le Roux a joué la carte de la normalité, qui sied bien à ce gouvernement. 

C’est quoi la normalité du PS ? Le rappel aux fondements de l’idéologie socialiste et aux promesses extravagantes de la campagne ou une tentative de sauver les meubles après les claques des municipales ? C’est quoi la normalité du PS en phase de réveil devant la réalité tant niée jusqu’à présent ?  De sauver les petites retraites par souci d’équité sociale ? De revenir sur le gel de l’indice des fonctionnaires pour augmenter encore plus les dépenses publiques, sur ce point précis ? D’éviter le gel des allocations sociales et des minimas sociaux, afin de préserver un peu de pouvoir d’achat ?

A côté de cela – appelons ce cela, justice sociale embryonnaire, Bruno le Roux, le porte parole, président du groupe PS à l’assemblée nationale a rappelé un programme de réformes en trois parties : santé, énergie et réforme de l’Etat.

Question. Si on ne gèle plus les allocations sociales, le point d’indice des fonctionnaires et les petites retraites, on  doit récupérer ces 3 milliards en moins sur l’annonce d’une économie de 50 milliards quelque part. 3 milliards est le chiffre avancé par un député PS chez BFM, en début de journée. 3 milliards facilement récupérables par ailleurs, selon lui, dans le dispositif du crédit impôt recherche par exemple. A l’entendre, le match se situe entre le pouvoir d’achat des ménages et les impôts voire leur crédit. S’agissant de Justice sociale, même à son niveau plancher, on laisse la porte ouverte.

On s’étonne toujours de ce que, contrairement à la grande Bretagne, les hauts revenus continuent de percevoir des allocations familiales, au nom d’une politique familiale dépassée dans sa philosophie. Il semblerait que c’est ce choix nataliste qui fait de la France le seul pays dans le monde occidental où la natalité reste élevée. Les riches de France, disons plutôt les aisés  feraient-ils des enfants pour percevoir les allocations ? Sans ces allocations opteraient-ils pour la stérilité ? Cet argumentaire, s’il est avéré, restitue une image assez pittoresque de la mentalité des riches de France.

On voit aussi que ce public défavorisé, des démunis et celui de la fonction publique constitue le coeur de l’électorat des socialistes. A chacun sa biche ou plutôt ses biches.

Venons en à la Réforme territoriale : le couac permanent des socialistes incapables de décider jusqu’à présent s’il fallait faire disparaître les départements : ce qui est une évidence. Un fervent partisan du maintien de la départementalisation, de la même trempe que la Ministre Lebranchu, a été nommé Secrétaire d’Etat à la Réforme des Collectivités Territoriales…

Objection de Hervé Morin, au nom de l’UDI  (BFM)

La réforme territoriale peut rapporter 15 milliards d’économies. Cela reste en deçà de l’objectif qui, selon l’UDI, doit être porté à 80 milliards. Comment on fait cela ? Il indique que pour redonner du pouvoir d’achat aux salariés, il faut réduire les cotisations sociales de façon à pouvoir redistribuer l’équivalent d’un treizième mois aux salariés.

Il observe que depuis 20 ans, les politiques conduites par les gouvernements successifs ont systématiquement conduit au chômage de masse. A cela s’ajoutent les 35 heures. Pour lui, il faut que les Français comprennent que si nous travaillons tous un peu plus, nous serons capables de réussir. Il préconise un retour aux 39 heures.  Mauvais choix politiques et des cotisations salariales non compétitives pour les entreprises françaises constituent une double absurdité qui fait que, dans certaines régions de France, le taux de chômage est du 25-30 %, indique Hervé Morin qui conclut que  La plus grande misère  c’est le chômage de masse.

Misère, misère et précarité.

Par ailleurs, Hervé Morin est pour un régime de retraite Universel. Cela suppose de mettre fin aux régimes spéciaux qui coûtent les yeux de la tête, ceux des parlementaires, les plus privilégiés en tête. Voilà une belle auto-critique que le PS ne peut pas faire à minima, préférant toujours regarder ailleurs. Il faudrait peut-être commencer par se regarder soi.

Objection à l’objection de Hervé Morin. Selon certains économistes, croissance ne rime plus avec création d’emplois aujourd’hui, car elle est susceptible d’être reconfisquée selon les mêmes modalités qui ont conduit à la crise financière de 2008 et qui opèrent toujours. Intéressant pour les économistes pur suc. Question : à quelles conditions la croissance, une fois retrouvée, est-elle susceptible de créer de l’emploi ?

Le discours de politique générale n’affleure pas le sujet. On n’a pas vu les garde-fous. Le débat ne fait que commencer. Il est intéressant de voir que les parlementaires sortent de leur engourdissement godillot et aident à redonner du sens aux choses.

Sinon, le Jihad

La France découvre que les jeunes abandonnés à eux-mêmes dans un chômage décervelant veulent donner du sens à leur vie, en rejoignant le Jihad en Syrie. Heureusement pour eux, sinon ils deviendraient fous ici, par la ségrégation raciale et les discriminations ethniques qui font loi : autre réalité niée par toute la classe dirigeante. C’est pourquoi j’ai parlé de Justice sociale embryonnaire, car une chose est d’agir sur le maintien des minimas sociaux – et c’est très bien ainsi – mais une autre et la plus urgente est de faire en sorte que les gens ne finissent pas à cette case-là. L’Emploi donc. Où est l’action en amont, Mr Peillon qui a retrouvé de la voix, comme candidat aux européennes – l’Europe qu’il n’aurait jamais dû quitter ? Pendant deux ans, Mr. Peillon nous a enfumés  avec les rythmes scolaires et il persiste et signe.

Le problème de l’Ecole n’est pas dans les rythmes, mais dans les contenus qu’il faudrait redéfinir et reprogrammer. Le problème de l’école en France n’est pas dans les rythmes, mais dans les moyens pédagogiques qu’il faudrait repenser et reorganiser. Ce ne sont pas les rythmes, mais la pédagogie, voire les pédagogies qu’il faut adapter. Par une dilatation extraordinaire, on peut  y inclure les rythmes : plus de jours ou moins de matinées, etc… Il faut éviter d’injecter l’arithmétique là où il faut la mathématique.

C’était une parenthèse utile qui apporte à ce plan d’économies sèches de 50  milliards une respiration intellectuelle, j’allais dire philosophique car elle ouvre un espace de réflexion plus global et  de plus longue portée. La confiance vient également par ce biais-là, plus encore que par des plans d’économies secs.

Terminons par l’air du temps

D’abord, à Alain Finkielkraut, Congratulations pour son admission à l’Académie Française. Il y est à sa place, comme dans un gant, tant son érudition est plus académique que pragmatique.

 Pour avoir dit que la Grande Bretagne avait des origines chrétiennes, David Cameron a été critiqué. Normal, on ne peut pas se penser comme Chrétien et légaliser le mariage homo. A l’instant même, on a franchi le rubicond, car, ces deux choses sont des oxymorons. A l’instar de la France, la Grande Bretagne, a perdu son âme religieuse, c’est-à-dire sa chrétienté avec cette loi qui abâtardit et désaffilie de tout. Dieu le Père est notre origine, c’est pourquoi nous avons un père et une mère.

Les homos et Peillon nous disent que le père et la mère ne sont pas importants, seuls comptent, un adulte et un enfant, peu importent le genre (l’Inde vient de reconnaître le troisième sexe) et l’origine. Les identités vont se dissoudre. Les origines vont disparaître. La génétique va se désorienter.

Marine le Pen a, comme à son habitude, une solution musclée : pour les jihadistes, « supprimons la nationalité française ». Ca fait sourire. Les villes remportées par le Front sont une conséquence de l’abstention massive des Français  et de la désaffection de l’électorat PS. C’est donc une question d’optique, ni plus ni moins. Le Front bénéficie d’un vote défouloir. Il n’y a pas de quoi pavoiser, lorsqu’on entend une solution comme celle rapportée plus haut à propos des Jihadistes qui est de la mauvaise foi personnifiée pour ne pas dire de la politique expéditive quasi-militarisée. Nous savons tous que militaire et politique sont des oxymorons.

Enfin l’Ukraine. Le gang de Kiev a semé du vent ; il est normal qu’il récolte la tempête de la révolte de l’Est, après le départ de la Crimée. Ils ont chassé Ianoukovitch comme un malpropre, il est normal qu’ils héritent du pire de ce qui peut arriver au gangstérisme international. Joe Biden, en visite au pays n’y pourra rien. Il doit méditer cet adage : tel est pris celui qui croyait prendre.

A part ça, Anne Sinclair ne savait pas pour DSK. Ouais, et moi je suis la Reine Elisabeth. C’est comme Valérie Trierweiler qui ne savait pas pour Hollande qui découchait chaque soir pour aller dormir avec Julie Gayet qui a d’ailleurs porté plainte pour atteinte à la vie privée, en couchant avec le président d’une République. Valérie et Anne, nos deux amnésiques du siècle. Remarquez, c’est très socialiste : le déni de la réalité.

Au Cameroun, une femme macquerelle a été tuée. Il se dit qu’elle en savait trop dans le genre elle avait mis en place le subterfuge  suivant : des filles venaient chez elles et des hommes du gouvernement également. On pensait alors qu’il s’agissait d’un bordel classique entre hommes et femmes, comme les parties fines de DSK à Lille, tous les samedis du monde que son épouse adorée ignorait, cela va sans dire.

A l’arrivée, il se trouve que notre macquerelle Camerounaise couvrait les relations sexuelles homos entre membres du gouvernement et éphèbes en recherche d’un emploi ou d’un avancement de carrière. La macquerelle aurait eu la très mauvaise idée de filmer les ébats et a voulu changer de métier pour se convertir dans le chantage de ses messieurs du gouvernement : publication de la K7  ou fric. Très mauvaise idée pour quelqu’un qu’on payait déjà, vous imaginez, gracieusement. La sanction à la mafia n’a pas tardé : on a retrouvé son corps quelque part. Intox ou vrai info, on ne saura jamais. Ce qu’on a retenu, c’est le scénario. Si donc Julie Gayet est furieuse au point de demander des dommages et intérêts et de regretter amèrement sa  dé-nomination à la villa Médicis, en remerciement de quoi, on se le demande, couvrait-elle quelqu’un d’autre ?

Vie privée, vie publique : ça commence où et ça s’arrête quand?

Ces derniers temps, on a du Trierweiler par ci comme ayant tapé à l’oeil de Sarko, dans la catégorie sous-journalistique, et comme ayant dîné avec Delon, quand on ne nous abreuve pas de la recherche du remplaçant de Hollande à ses côtés. Un Hollande qui avait déserté le lit commun depuis deux ans. On remplace donc son  ombre imaginaire. Il n’y a pas si longtemps, cette Valérie T. a reçu de l’argent pour atteinte à la vie privée. Il est vrai qu’elle a trouvé des journaux disponibles pour faire sa promotion privée. Ceux-là ne seront pas attaqués, oh que non. Ils sont les bienvenus.

Alors, pourquoi rappeler aujourd’hui qu’à une certaine époque, Sarko avait dit à Valérie,  tu es belle, il faudrait qu’on se voie. Est-ce pour nous démontrer que Sarko et Hollande ont les mêmes goûts de femmes et que c’est du pareil au même.  Genre même professionnalisme présidentiel et donc gardons Hollande, tant qu’à faire ? Quel goût ? Le bon goût, l’à-peu-près ou le mauvais voire le conventionnel, car on sait tous que le sex appel d’une journaliste auprès d’un homme politique est équivalent à celui d’un Cerf régnant sur un troupeau de rennes, les honorant au gré du hasard et ou de sa fantaisie. Pour le dire autrement, toutes les journalistes femelles sont belles pour un homme politique, dès lors qu’elles feront le job à la perfection, ainsi que Valérie l’a fait avec passion, confondant la passion du job avec celle d’un homme.

On retiendra que le temps de l’élection présidentielle approche. Ceci explique peut-être la sortie d’un sous-journalisme mercantile endormi jusqu’à présent. Pourquoi pas, après tout, le fric c’est chic. Misère, misère.

PS. Chez BFM – Ruth El-Krief, Guillaume Pelletier (UMP) ajoute la traque à la fraude (des prestations sociales) mais aussi fiscales, assurance maladie, il faut insister là-dessus. Ce qui nous conduit aux  niches fiscales épargnées et  à la grille de l’imposition pour la rendre plus égalitaire.

Enfin, quid du statut du fonctionnaire à supprimer, à l’image de la Suisse qui y a mis fin par un référendum. Hollande aura-t-il le courage de faire ce référendum ? Au moins celui-là ? Hum…

Conclusion : Hollande a hérité d’un Etat pourri et terriblement mal géré si jamais il l’a été. Gauche et Droite sont donc renvoyées dos à dos. Ce n’est pas une excuse pour Hollande qui est là depuis 30 ans et a donc participé au schmilblick. Premier Secrétaire du PS gérant le gouvernement avec Jospin, pendant la cohabitation chiraquienne 1997-2002, parlementaire, maire et conseiller territorial. Il est responsable et coupable de cet état de la France.