Le pacte de responsabilité et/ou de stabilité : slogan de campagne européenne.

On continue l’article sur la réforme de la France qui ne dit pas son nom mais nous parle plutôt de pacte tantôt de stabilité ou de responsabilité quand ce n’est pas solidarité. Cet effritement montre déjà une grande difficulté : l’absence de pensée globale et structurant le Tout. On procède par émiettement et par affleurements. Dans la première partie de cet article, on disait que : si on ne pense plus Dieu, on ne peut plus penser l’absolu, ni la perfection : on se contente donc de la normalité, de la norme et de la moyenne. Quand on ne pense plus Dieu, on s’éloigne de l’Excellence. On ajoute ceci : si on ne pense pas Dieu, on ne peut pas penser la globalité également.

Hier, sur la 3, je regardais « des Racines et des Ailes » de notre ami Patrick de Carolis, mis en examen pour favoritisme avéré qu’il nie. A qui peut-on encore faire confiance ? Ce n’est pas de sa faute, car Nadine Morano, tête de liste dans le Grand Sud-Est est à la peine, devancée par Florian Philippot (FN) et pour cause ? Elle a essayé de monter une boîte de communication et s’est rendue compte que c’est dur. Les boîtes de communication en France fonctionnent comme un club privé : elles sont privatives. Ainsi Anne Sinclair et DSK ont une conseillère en communication qui, si elle créait une boîte, se contenterait d’eux comme seuls clients. Les partis politiques, les émissions et autres organismes travaillent en circuits fermés d’amis, de sœurs, de cousines, de conjoints (cf le président actuel de la région Ile de France et son épouse). Une boîte de communication en France, c’est comme être garde de corps d’une structure ou de quelqu’un. On confie cela aux connaissances. A son actif, Nadine Morano, contrairement à la majorité de la classe politique, aura essayé de créer quelque chose.

Quant à Carolis, il a fait comme les autres. Ce qui ne constitue pas une circonstance atténuante, qu’il ne m’appartient pas de donner.

Mais qu’est-ce qui fait défaut à Nadine Morano ?  Un déficit de crédibilité depuis toujours. Du favoritisme Sarkozyste également. Une mauvaise image qui profite au FN qui peut, avec le vote défouloir, faire mouche. Ce n’est pas contradictoire. Un conseil : votez UDI, si vous êtes allergique à la tête de liste de l’UMP. Il y a une alternative à l’UMPS, comme on dit, c’est l’UDI.

Revenons aux racines et des ailes de Carolis consacré hier aux patrimoines exceptionnels de France et Dieu sait qu’il y en a de magnifiques. Au Château de Rambouillet, un domaine immense, on a appris que les parties de chasse qui précédaient les discussions diplomatiques faisaient partie intégrante de la diplomatie. On a appris que ce que Michel Sapin qualifie de « détail » avait une grande influence sur les « grandes orientations ». La chasse détendait les invités en les rapprochant spirituellement, intellectuellement et psychiquement.

Les Echos rapporte cette phrase entendue de la bouche de Michel Sapin

Extrait les Echos :

S’adressant cette fois aux députés de gauche qui souhaitent rendre la potion moins amère pour les retraités et ménages modestes ainsi que pour les fonctionnaires, Michel Sapin s’est déclaré « ferme sur les grandes orientations et extrêmement ouvert sur le détail des dispositions ». Ce que le chef de file des députés écologistes, François de Rugy, a qualifié de « petites choses », indiquant que son groupe oscille « pour l’instant »entre l’abstention et le vote contre.

Qui a dit que la vérité se loge dans les détails, comme le Diable d’ailleurs? Il faut rappeler ces vérités aux socialistes en pleine divagation. Les « petites choses », comme dit François de Rugy dont on se sert comme variable d’ajustement ont une importance centrale. Quelles sont ces petites choses : les retraites, les ménages modestes et les fonctionnaires. Le cœur de l’électorat socialiste. Voilà qui s’appelle  de l’ingratitude.

Discours, discours.

Et parce que le compte sur la Justice sociale n’y est pas, Hollande est allée voir Jaurès comme pour se dédouaner sur le dos du grand Homme.

Extrait les Echos : 

Alors que le cercle des parlementaires socialistes décidés à ne pas voter le texte gouvernemental est en train de s’étendre, le chef de l’Etat a tenté mercredi de convaincre de son ancrage à gauche. « Pour Jaurès, pour nous, la République politique doit déboucher sur la République sociale », a-t-il commencé, au moment où une partie de la gauche lui reproche de n’être ni socialiste ni social-démocrate mais social-libéral. 

Au moment des primaires, Valls s’était présenté comme le chantre de la justice sociale. Aujourd’hui, reniement. Bon, ça fait longtemps qu’on sait que le clairon des hommes politiques change de son, une fois qu’ils sont au pouvoir. Ce clairon n’a d’autre fonction que de les faire élire. Mais, tout de même le compte n’est pas bon. L’orientation non plus. Quant aux différentes entrées, elles sont trompeuses.

Au journal du soir de la 3 toujours, Valérie Pécresse est venue poursuivre ce que Guillaume Pelletier avait entamé chez BFM, la veille, en précisant les bonnes entrées. Il ne s’agit pas, dit-elle d’économies mais de réduire la dépense publique. Cela passe par la réorganisation et la restructuration. Par exemple, le gel de l’indice des fonctionnaires n’est pas productif, il faut lui préférer moins de fonctionnaires mieux payés. Même si on ne partage pas complètement l’idée, il faut déjà lire ce qu’il y a derrière à savoir « la revalorisation des salaires » et le « mieux être au travail ». Ceci étant je ne sais si les fonctionnaires sont mal payés en France. Si on prend non pas uniquement leurs salaires mais qu’on considère l’ensemble des avantages : emploi à vie, sécurités professionnelles et retraites et garanties bancaires, il me semble qu’ils ne sont pas les plus à plaindre. Le pouvoir d’achat doit aussi s’envisager globalement, y compris en incluant les conditions favorables d’accès à la propriété et d’acquisition des biens et services.

L’idée de restructuration est encore plus productive, car là est la réforme. C’est en réformant les territoires qu’on fera des économies, par exemple en éliminant un échelon ou deux, en établissant une taille raisonnée des collectivités, en liant les dotations gouvernementales à la bonne gouvernance territoriale, aux frais de fonctionnement notamment et à la saignée des embauches à la louche. Voir dans les Echos « LES GRAPHIQUES DE VITTORI – Collectivités locales : pourquoi il est urgent de s’en occuper ».

Idem pour la fiscalité.

Même chose pour la justice y compris sociale.

Idem pour la réforme de l’Etat et des Institutions qui ne vient toujours pas et qui est la mère des réformes sans laquelle tout le reste n’est que frioriture.

Autrement dit, ce ne sont pas les économies qui précèdent la réflexion, mais la restructuration. Les économies sont une conséquence de cette restructuration et la baisse de la dépense publique comme élément d’efficacité de l’action publique, le résultat.

On a pris le problème par le mauvais bout. Par les positions dogmatiques. Exemple, celui du gel des fonctionnaires cher au FMI et qui est prescrit partout où le FMI sévit : c’était le cas en Afrique, en Amérique du Sud, en Grèce, en Ukraine et en France aujourd’hui. Gel des salaires et réduction drastique des fonctionnaires est un remède du cheval du FMI, de court terme.

C’est comme avec les rythmes scolaires, on a pris la mauvaise entrée : la modification des rythmes scolaires ne peut intervenir qu’après une réflexion préalable sur la réorganisation des programmes, sur l’équipement des écoles et sur la pédagogie du 21ème siècle. Les rythmes n’interviennent que comme moyens et non comme finalité voire comme plan en soi. En en faisant le point de départ de la réflexion, on a choisi la mauvaise entrée et ça bloque. C’est normal. Les technocrates de l’acabit de  Peillon et Moscovici doivent rester à l’Europe, leur royaume.

Attention aux fausses équations

Baisser les charges sur les entreprises n’entraînera pas automatiquement plus d’embauches, si par ailleurs, il n’y a pas d’activités et de demande à l’international. Cette mesure dépend pour beaucoup de la reprise franche ailleurs qu’en France. Comment se porte le crédit, autre élément capital sur lequel on n’a rien entendu. Baisser les charges sans ouvrir les vannes du crédit aux entreprises, il y a comme un doute.

On a déjà tant et tant parlé de ces choses qu’on est surpris qu’au bout de 2 ans, le rendu ne soit pas à la hauteur des attendus.

Pourquoi voter alors ?

Pour le PS et la Gauche dans son ensemble, ce pacte est contre-nature. Non seulement, il se veut libéral mais d’un libéralisme aux équations douteuses voire dogmatiques, mais encore, il détruit le pouvoir d’achat des plus, exposés. Bien sûr, on ne va pas dire que les fonctionnaires ne profiteront pas d’une baisse d’impôts qui leur est consacrée. On leur laisse donc le soin de tirer le point de plus de la consommation, à supposer qu’ils n’iront pas thésauriser. Fausse équation également. On sait une chose : ce sont les plus démunis qui investissent tout ce qu’ils gagnent en consommation, car n’ayant pas assez. Les classes moyennes et aisées thésaurisent. Cela fera de l’argent frais pour l’Etat. Mais où est le plan d’investissement de l’Etat ? On peut m’objecter, qu’on assainit d’abord les finances, on n’investira après. Pensée en découpe.

Il manque à ce pacte une vision économique globale et de long terme. Pire, il lui manque cruellement la solidarité à laquelle on a accordé un appendice : encore un émiettement qui vient rendre la lisibilité encore plus floue. Ce qui donne raison à Marie Noëlle Lienemann : texte bâclé en urgence en vue des prochaines élections européennes. Mais que faisait le gouvernement pendant 2 ans ?

Pour la Droite qui se satisfait de la baisse des charges sur les entreprises, comme un dogme, c’est un peu court. Ce n’est pas comme cela qu’elle va gagner. Elle me dira, on prend même ces miettes. Après tout, pourquoi pas ? Simplement, si la droite veut aller loin et gagner, elle doit apporter une Intelligence Stratégique dans la compréhension et l’explication de la politique qui va permettre à la France de retrouver le Nord.

Michel Barnier, notre technocrate depuis Bruxelles demande aux parlementaires de son camp et à tous de voter pour faire genre « ça peut être pire », ouais. On peut aussi penser que ça peut aller mieux. Mais, je vous ai prévenus, la pensée normale et normative pense le moins pire  et non le Meilleur. Dommage, dommage.

Faut-il être optimiste ? Attention à l’optimisme béat.

Comme il n’y a jamais 2 sans 3, une troisième partie suit.

Voici une sélection d’articles précédents sur les réformes structurelles à engager.

Dossiers. 

Réformes structurelles. Dans Scène Publique Internationale.

Réformes structurelles. Scene publique.net 

———————————————————————-

ALERTE INFO > 12H50 

Valls annonce une « mesure forte » pour les petites retraites

Manuel Valls a confirmé jeudi lors d’une visite d’usine à Saint-Lubin-des-Joncherets (Eure-et-Loir) qu’une « mesure forte » serait prochainement prise en faveur des retraités modestes, en dépit du plan d’économies gouvernemental de 50 milliards d’euros.

Le premier ministre a aussi indiqué qu’une « clause de revoyure » serait introduite pour revenir éventuellement dans les prochaines années, en fonction de la croissance économique, sur le gel du point d’indice des fonctionnaires.

Plus d’infos sur Le Figaro

——————————–

+ DOCUMENT – Dans sa note publiée vendredi, Standard and Poor’s juge le gouvernement français trop optimiste sur la réduction du déficit public. A lire dans Les Echos. Standard and Poor’s confirme la note de la France.

Intéressant cet autre document des Echos concernant le Programme d’investissements d’Avenir de la France.

POLITIQUE ET SOCIETE

Juppé et Rocard refusent de travailler avec Montebourg

Par Les Echos – Dans une lettre adressée à Manuel Valls, ils regrettent que le Programme d’Investissements d’Avenir ait été placé sous l’autorité d’Arnaud Montebourg. François Fillon juge que c’est « une erreur ».