Valls, PM illégitime. Tout continue comme avant la claque des municipales.

Elise Mbock depuis Yaoundé.  Alors que je reviens à vous progressivement, après une période de ressourcement, voilà que la France se distingue petitement par un remaniement qui parodie la démocratie.

J’aurais pu intituler cet article, Valls, PM par défaut ou encore Valls, le pompier pyromane. Mais, j’ai choisi d’insister sur un déficit démocratique insupportable de la part de la France – vu de Yaoundé – la France qui devrait inspirer le monde, en général et l’Afrique en particulier, en pratiquant une démocratie exemplaire.

A Yaoundé, le multipartisme s’achève honteusement dans le parti unique au pouvoir qui soumet tous les cadres et hautes personnalités du pays, sous peine de complications quasiment insurmontables au quotidien. Le culte de la personnalité tant honni sous Ahidjo, le précédent Président, est de retour. Toute la classe dirigeante et les élites rampent quand elles ne sont pas au pas : un organisme simiesque, le CERAC  – ne me demandez pas de vous détailler le sigle s’il vous plaît – à la gloire de la première dame et auquel toutes les femmes qui occupent les postes ou positions importants sont sommées d’appartenir, reconduit un esclavage qui ne dit pas son nom ; probablement le plus horrible qui soit : du Noir au Noir ; de la Négresse à la Négresse. Des guenons regroupées en tribus. La régression est criarde et vous prend à la gorge. Degré zéro de la démocratie sur toute la ligne. Stade pré-démocratique serait plus correct. Sans l’alcool, opium du peuple, et la corruption endémique et obligatoire, le Cameroun aurait déjà explosé depuis longtemps. Il suffit d’une étincelle pour que tout saute.

Et ca peut arriver à tout moment. Frontalier avec le Centrafrique, je vous laisse imaginer le désastre annoncé. Au Cameroun, les institutions sont pléthoriques et ont confisqué la démocratie par leur surnombre qui donne l’impression que l’Etat de Droit existe. En Centrafrique, il n’y a plus d’institutions. D’un côté, un trop plein. De l’autre, le grand vide. En réalité, le trop plein est aussi un grand vide.

La France, maîtresse du pré carré dont font partie le Cameroun et le Centrafrique est une démocratie adulte. Si tel était le cas, Hollande aurait dû respecter l’esprit des lois et dissoudre l’Assemblée nationale, car le scrutin municipal qui vient de se dérouler a valeur de vote-sanction de la politique gouvernementale.

Pour une fois, il fallait respecter la démocratie et redonner une chance au changement.

Avec Valls, c’est tout sauf le changement. C’est couru d’avance. Pour deux raisons au moins.

La première est que, Valls est un PM par défaut, après le refus paraît-il de  le Drian. Décidément, les socialistes vont de défaut en défaut.

Deuxièmement, une bonne lecture de la démocratie voudrait qu’on se reporte aux primaires socialistes, si tel était le choix petit bras et intra-muros de Hollande. Là aussi, ce serait Martine Aubry la plus légitime PM,  faute de mieux, pas Valls qui a totalisé 5% des suffrages.

Où est la logique ? Est-ce la prime à celui qui se rallie le premier au Chef ? C’est ce qui se passe au Cameroun avec un résultat pitoyable : Yaoundé nage dans la poussière et est sale à vomir. Le sous-développement est laid et horrible, lorsqu’il trouve sa source dans le culte du Chef et les tripatouillages électoraux qui sont légion en Afrique.

Valls n’est plus ni moins qu’un sous produit électoral, protecteur et organisateur des frasques de Hollande avec Gayet ; il est vrai qu’il était à l’école DSKienne pleine de chiennes tous les week-ends, quelque part du côté de Lille.

On vient de passer 2 ans à célébrer le mariage gay pour lequel F. Hollande a été élu et qui restera comme l’unique projet et réalisation de cette présidence morte-née. On s’oriente vers une fin lamentable : les has been vont être reconduits au grand banquet de la mangeoire républicaine ; les (ni) putes  (ni) soumises vont rappliquer, la comedia del’arte va se poursuivre gaiement. Pendant ce temps-là, le peuple continuera à vivre sous perfusion, sans horizon, sans perspective, sans espoir.

Non, Valls à la primature est un casting horrible dans tous les sens. Le peuple a une mémoire, Mr le Président et si on a pardonné l’affaire Dieudonné, on n’a pas oublié. Un tel mépris, une telle indifférence et un tel louvoiement associé à l’errance de la gouvernance ne s’expliquent pas sur la durée : maintenant on ajoute un ‘pacte de solidarité’ à celui de ‘responsabilité’, comme si la solidarité ne faisait pas partie de la responsabilité. Même les mots n’ont plus de sens en France. Au Cameroun, je ne vous dis pas. On attend fébrilement 2018, comme 2017 en France et le Vrai Changement des leaders qui se moquent du peuple avec leurs combines partisanes et sectaires qui singent la démocratie, tout en évitant d’affronter et les problèmes réels et le peuple.

Valls, PM ? Bof…